Comment obtenir des investissements en 2022 : guide détaillé pour les start-up, par la CEO de deux entreprises

Obtenir un financement conséquent pour son projet en 2022 peut sembler irréaliste. Les investisseurs hésitent à prendre des risques et à financer de nouveaux projets, les clubs d’investissement ferment leurs candidatures, tandis que les entreprises font faillite les unes après les autres. Et, comme par hasard, votre idée à un milliard est née précisément dans cette période d’instabilité. Que faire ? Chercher des financements. Dans cet article, je vais vous expliquer où il est encore possible de trouver des ressources importantes pour développer votre projet et comment se déroule concrètement le processus d’investissement. Tous les conseils que je partage ici sont issus de mon expérience personnelle : lisez attentivement, notez ce qui vous sera utile et évitez les erreurs que l’on commet faute d’information.

  • Les clubs d’investissement

Comme leur nom l’indique, les clubs d’investissement sont des regroupements d’investisseurs. Ils diffèrent les uns des autres par leur structure et leurs modes de fonctionnement. Par exemple, dans un syndicat d’investissement, un leader — généralement un investisseur expérimenté — sélectionne les projets et répartit les financements apportés par les autres membres de l’organisation. Dans un venture boutique, le fonctionnement est proche de celui d’un fonds de capital-risque, mais avec des montants investis plus modestes et des critères de sélection moins stricts. Les clubs privés disposent souvent de capitaux importants, mais il est plus difficile d’y entrer : ils n’acceptent généralement que des candidats recommandés par leurs membres ou répondant à des critères très exigeants. Quant aux clubs horizontaux, ils réunissent des business angels qui choisissent ensemble les projets les plus prometteurs et investissent collectivement dans ceux-ci. Nous reviendrons toutefois sur ces derniers un peu plus loin.

Les clubs d’investissement sont particulièrement visibles lors des grands événements du secteur. Au World Business Angel Investment Forum, par exemple, un participant sur deux représente un club d’investissement. En Russie — y compris pour les entrepreneurs ayant des ambitions internationales et pas uniquement des projets destinés au marché local — il existe encore des structures telles qu’INVESTORO (qui n’impose aucune restriction pour la soumission de projets), Skolkovo (qui privilégie les projets portés par les diplômés de son école de commerce), Private Capital (orienté vers les projets technologiques en phase de démarrage) ou encore le FRII Investor Club (à ne pas confondre avec le fonds du même nom), qui recherche des start-up technologiques à fort potentiel mondial.

Pour intégrer un club d’investissement, il suffit souvent de participer à ses événements gratuits, de suivre ses programmes de formation ou tout simplement de contacter ses fondateurs sur les réseaux sociaux. Recherchez les profils des membres du club qui vous intéresse et demandez-leur directement quelles sont les possibilités d’intégrer l’organisation. Pour un entrepreneur, participer à un club signifie avant tout présenter son projet et rechercher des investisseurs. Je vous recommande également de préparer une véritable présentation de votre idée : plus elle sera détaillée, mieux ce sera. Dans la plupart des cas, les clubs étudient d’abord les diapositives avant de contacter leurs auteurs pour leur poser des questions, et non l’inverse. Rien ne garantit que vous aurez l’occasion de commenter votre présentation à l’oral.

  • Les accélérateurs

Les accélérateurs sont des programmes intensifs de formation destinés aux créateurs de start-up. Ils peuvent s’adresser aussi bien à des entreprises déjà existantes qu’à des projets encore au stade de l’idée. Au sein d’un accélérateur, les fondateurs peuvent améliorer leur produit et obtenir des financements. À la fin de la plupart des programmes actuels, les participants présentent leur projet lors d’un pitch et peuvent trouver un investisseur parmi les personnes présentes dans l’auditoire. Il peut s’agir aussi bien de formateurs que d’investisseurs actifs.

Un programme d’accélération dure généralement environ quatre mois. Dans la majorité des cas, la participation est gratuite ; il suffit de disposer d’une idée solide accompagnée d’un business plan préliminaire. Le coût et la durée varient toutefois selon les programmes. Je connais des cas où des entrepreneurs ont suivi des formations pendant dix à douze mois avant d’obtenir leur premier tour de financement. Un tour de financement correspond à un investissement d’un montant défini qui permet à la start-up de réaliser une série d’actions convenues à l’avance avec l’investisseur, comme l’élargissement de la gamme de produits ou le passage à l’échelle supérieure.

Au sein d’un accélérateur, vous participerez à des conférences, des séminaires, des rencontres avec des experts, des visites d’entreprises et des sessions de networking. Il n’y a pas d’examens à passer : nous parlons ici de business, pas d’école. En revanche, pour être admis dans un accélérateur, vous devrez généralement franchir une étape de sélection. Celle-ci ne portera pas sur vos connaissances en économie ou en algèbre, mais sur la pertinence et le potentiel commercial de votre projet. À l’issue du programme, vous devrez soit disposer d’une entreprise opérationnelle ayant obtenu un financement initial, soit présenter un projet ayant atteint certains KPI : élargissement de sa zone d’activité, lancement de la production, acquisition des mille premiers clients, etc.

On me demande souvent quelle est la différence entre un accélérateur et un incubateur. Beaucoup de coachs sur Internet se trompent : ce n’est pas la même chose. Certes, un accélérateur peut ressembler à un incubateur d’entreprises, mais son objectif principal reste la formation et la présentation de projets afin d’obtenir des financements. Un incubateur, quant à lui, permet à ses résidents de disposer de bureaux au sein d’un espace physique appartenant à la structure, généralement à un coût réduit. Certains incubateurs organisent également des événements et des ateliers, mais leur vocation n’est pas l’apprentissage orienté vers la levée de fonds comme dans les accélérateurs. Un incubateur devient particulièrement utile une fois que vous avez déjà obtenu des investissements. C’est pourquoi je ne le cite pas aujourd’hui comme solution principale pour trouver des financements.

  • Le financement participatif en capital (crowdinvesting)

Le financement participatif en capital, ou crowdinvesting, consiste à lever des fonds via des plateformes en ligne. Vous connaissez probablement déjà le crowdfunding, c’est-à-dire la collecte de fonds destinée à financer différents projets grâce à des sites spécialisés. Ici, le principe est similaire, à une différence près : en échange de son investissement, l’investisseur reçoit des actions de l’entreprise, autrement dit une participation dans son capital. Cette participation peut être très variable, allant d’une part minime, par exemple 1 %, jusqu’à 50 % de l’entreprise. L’accord prévoyant l’attribution d’une participation proportionnelle au montant investi est conclu au moment où l’investissement est effectué.

Le financement participatif en capital présente l’avantage d’être accessible aux entreprises qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas obtenu de prêt bancaire pour financer leur activité. Mais c’est aussi son principal inconvénient : certains investisseurs peuvent se montrer méfiants à l’égard de votre projet en supposant que les banques ont refusé de vous accorder un financement. Heureusement, certaines plateformes disposent d’analystes chargés d’examiner la documentation du projet et de déterminer s’il peut être proposé aux investisseurs. Ensuite, tout dépend de la décision des utilisateurs : vous pouvez atteindre l’objectif de financement fixé ou, au contraire, ne pas y parvenir. Dans ce dernier cas, la plateforme peut soit vous verser les fonds collectés, soit clôturer la campagne et rembourser les investisseurs. À noter également que ces plateformes prélèvent généralement une commission d’environ 3 % du montant total levé. En revanche, l’État renonce généralement à prélever un impôt spécifique sur les fonds ainsi obtenus.

Pour lever des fonds via une plateforme de financement participatif en capital, vous devrez enregistrer votre entreprise (et créer un compte sur la plateforme), présenter aux analystes un business plan irréprochable ainsi que toutes les informations relatives à votre activité. Si votre entreprise est déjà opérationnelle, les éléments examinés incluront notamment son attractivité pour les investisseurs, sa stratégie de développement, son chiffre d’affaires et les antécédents de crédit de ses fondateurs. Gardez à l’esprit qu’il ne suffit pas de fournir des documents : vous devrez également créer une fiche détaillée du projet, le présenter aux investisseurs, les convaincre d’y investir, puis publier régulièrement des informations sur l’évolution de l’entreprise. Parmi les plateformes de crowdinvesting les plus connues figurent Planeta.ru, Crowdfunder et AngelList.

N’oubliez pas que si votre entreprise échoue, les investisseurs peuvent avoir le droit d’engager une procédure de faillite à son encontre. Le financement participatif en capital offre donc à la fois de grandes opportunités et de grandes responsabilités. Toutefois, contrairement au crowdlending, il ne vous oblige pas à rembourser les sommes obtenues après un certain délai.

  • Les business angels

Les business angels sont des investisseurs privés disposant de capitaux importants. Ils investissent dans des start-up en échange d’une participation au capital de l’entreprise. Dans certains cas, les fonds peuvent être accordés sous forme de prêt, mais ce modèle devient de moins en moins courant. Les business angels jouent souvent un rôle déterminant pour les entrepreneurs débutants qui ne parviennent pas à obtenir le soutien de grands fonds d’investissement. Si vous dirigez déjà une entreprise bien établie, cette source de financement ne sera probablement pas la plus adaptée à votre situation.

Il arrive que des business angels se regroupent pour créer des organisations de soutien aux petites entreprises, lesquelles évoluent parfois avec le temps vers de véritables clubs d’investissement. Ainsi, même si un club vous refuse l’adhésion, n’hésitez pas à contacter directement certains de ses membres, notamment ceux qui ont déjà réalisé des projets similaires au vôtre ou investi dans des entreprises du même secteur. Joignez immédiatement votre business plan à votre message : les investisseurs n’aiment généralement pas attendre ni s’engager dans de longues correspondances avant d’obtenir les informations essentielles.

En règle générale, un business angel peut investir à partir de 25 000 dollars dans un projet, à condition que vous apportiez vous-même au moins 20 % du capital nécessaire. Chaque année, les investisseurs privés injectent plus d’un milliard de dollars dans de jeunes entreprises. Vous avez donc toutes les chances d’obtenir votre part du marché. À titre de comparaison, ce montant représente environ deux fois le volume mondial des investissements réalisés par les fonds de capital-risque, ce qui fait des business angels une source de financement particulièrement intéressante. En contrepartie, leurs exigences sont souvent comparables à celles des fonds de venture capital. Pour trouver des business angels européens, vous pouvez vous tourner vers le réseau EBAN ; pour les investisseurs américains, vers l’Angel Capital Association.

Quelles autres possibilités de financement existent pour une start-up en 2022 ?

Vous pouvez également solliciter des fonds de soutien à l’innovation. En Russie, ils sont relativement nombreux, même si une grande partie d’entre eux sont liés à l’État. Je vous recommande d’étudier attentivement les conditions proposées par le Fonds d’aide à l’innovation ainsi que par la Fondation Skolkovo. Le montant minimal de l’aide accordée est généralement d’environ un million et demi de roubles. En échange, ces organismes demandent le plus souvent une participation modeste dans l’entreprise — environ 10 %, voire moins — ainsi qu’un rapport détaillé expliquant quand, comment et dans quel but les fonds ont été utilisés, preuves à l’appui. Je vous conseille de déposer une demande de financement dès que possible : cela vous permettra de vous familiariser avec le processus et d’obtenir rapidement un premier retour sur le potentiel de votre idée. Les délais de réponse dépassent rarement deux mois, ce qui est relativement court dans le monde des investissements.

Vous pouvez également rechercher des financements auprès des fonds régionaux de soutien à l’entrepreneuriat. Cette solution est particulièrement adaptée aux personnes qui envisagent de développer une activité à l’échelle locale ou régionale. Les conditions varient fortement d’un organisme à l’autre ; il est donc difficile de donner des indications générales concernant les montants minimaux ou les critères d’éligibilité. En revanche, le suivi de l’utilisation des fonds est généralement très strict : les organismes publics exigent des comptes précis sur l’usage de leur argent. Les demandes sont souvent examinées rapidement et vous recevrez généralement une première réponse sous deux à trois semaines. Dans certains cas, une proposition de financement peut même vous être faite à l’issue de programmes de formation gratuits organisés par les administrations locales. Je vous recommande donc de suivre régulièrement les actualités publiées sur les sites des autorités publiques.

Si vous avez déjà essuyé plusieurs refus de la part d’investisseurs, ne vous découragez pas. Je sais que cette phrase est répétée partout, mais elle reflète une réalité très simple : tant que vous ne baissez pas les bras, vous n’avez pas perdu.