Audit de printemps : quoi jeter, développer et semer dans votre carrière et votre vie
Le printemps agit sur moi de la même manière chaque année : d’abord vient la légèreté, puis un sentiment très clair que soudain tout devient trop étroit pour moi. Pas dans le sens de « tout va mal », au contraire : la vie avance, les tâches changent, les plans évoluent. Et à un moment donné, je me surprends à penser qu’il y a trop de choses superflues autour de moi (et en moi) : des articles non lus, des messages sans réponse, des projets dans lesquels je me suis lancée automatiquement mais qui ne sont pas vraiment « miens ». Le printemps sait mettre en lumière en douceur les endroits qui ont besoin d’être libérés. C’est comme un rayon de soleil qui fait soudain apparaître la poussière sur la vitre. Et que fait-on de la poussière ? Exactement — on l’essuie !
Le 8 mars approche, ce qui signifie qu’il est temps de laisser entrer plus d’air frais dans sa vie. Le mieux est de procéder par étapes, certainement pas tout en même temps. Personnellement, je préfère diviser le printemps en trois étapes — trois mois, chacun idéal pour certains objectifs.
Mars : jeter le superflu pour faire place au neuf

Mars est un mois où la nature n’est pas encore en pleine effervescence, mais où la règle immuable devient claire : tout ce qui est ancien gêne le neuf, et il faut donc s’en débarrasser. Et pour nous, c’est pareil. Il s’agit de se débarrasser, comme des feuilles fanées et desséchées. Et qu’est-ce qui « fane » et nous fait souvent nous sentir fatigués ? Ce n’est pas le nombre de tâches, mais tout ce que nous gardons ouvert : pensées, promesses, dialogues ou inquiétudes.
Ainsi, le premier élément à jeter : votre disponibilité permanente. Elle ne vous rend pas plus forte ; elle vous rend seulement pratique pour les autres. Le flux constant de messages crée l’impression que vous n’avez pas terminé quelque chose ou que vous avez « échoué », même si ce n’est pas le cas. Et le pire : on s’habitue à ce bruit, au point de ne plus entendre d’autres choses plus importantes. Je ne vous propose pas de disparaître complètement, juste de fermer quelques « onglets » pour sentir la différence dès le jour même.
- Laissez les notifications uniquement là où elles sont vraiment nécessaires (appels, famille, banque). Tout le reste, sans push.
- Définissez deux moments dans la journée pour répondre aux messages (par exemple midi et soir) et cessez de « vérifier juste au cas où » toutes les dix minutes.
- Choisissez un canal de communication et ne le changez pas plus de deux fois par jour : soit mail, soit messageries, soit réseaux sociaux — pas tout en même temps !
La deuxième action de mars : faire le tri dans les abonnements et engagements que vous n’honorerez jamais. C’est le « désordre dans l’armoire », mais dans le calendrier et sur vos relevés bancaires. Nous connaissons tous cela : un abonnement auquel vous ne participez pas ; un service qui prélève de l’argent parce que « ça pourra servir un jour » ; un cours que vous « regarderez sûrement ce week-end » depuis déjà trois mois ; une promesse à quelqu’un d’aller quelque part, que vous gardez en tête uniquement par culpabilité. Plus vous serez honnête avec tout cela en mars, plus vous aurez d’énergie en avril pour une croissance réelle, et non pour de la simple imitation.
C’est pourquoi :
- Ouvrez la liste de vos abonnements et annulez ceux que vous n’avez pas utilisés le mois dernier.
- Supprimez du calendrier un « engagement obligatoire » basé uniquement sur un « je l’avais promis » qui ne vous apporte ni résultat ni joie.
- Terminez les situations qui vous pèsent par un message court : « Je ne peux pas / pas le temps / je reviens plus tard » — sans culpabilité.
Et le troisième — le plus difficile et le plus important : les personnes qui vous épuisent sans jamais restituer d’énergie. Je ne parle pas de « toxiques », mais de situations familières : après certaines conversations, vous faites quelque chose que vous n’aviez pas prévu ; vous sauvez quelqu’un alors que ce n’était pas prévu ; vous mentez ou vous excusez sans raison. Au printemps, il devient particulièrement clair que nos ressources ne sont pas infinies. Si vous aidez toujours la même personne, prenez constamment en charge les tâches des autres, assumez la responsabilité de l’adulte qu’ils sont — ce n’est pas de la gentillesse, c’est une habitude. Voici ce que je dis généralement :
- « Je ne peux pas prendre cela en charge maintenant. »
- « Je peux conseiller, mais pas faire à votre place. »
- « Faisons comme ceci : tu décides, je soutiens. »
Il est normal d’avoir peur : « et s’ils se vexent ? » Laissez-les se vexer. Le vrai printemps n’arrivera pas tant que vous ne prendrez pas soin de vous davantage que des autres.
Avril : développer et renforcer pour accroître la valeur

Avril est le mois où l’on passe du mode « tri » au mode « accumulation ». Vous ne vous contentez pas de conserver le bon, vous transformez le « bon » en quelque chose de régulier et systématique. Autrement dit, il ne s’agit pas d’ajouter de nouvelles habitudes, mais de renforcer celles que vous avez déjà. Ici, j’ai trois axes principaux : apprentissage, ancrages de récupération et suivi des résultats. Ces trois éléments donnent à une femme force intérieure et confiance en elle.
Commençons par l’apprentissage. Beaucoup lisent, écoutent, regardent, mais le font selon le principe du « quand j’aurai le temps ». Et comme vous le savez, le temps ne se trouve pas par magie — il disparaît toujours quelque part. Donc en avril, je propose non pas de « commencer à apprendre », mais d’accélérer là où vous progressez déjà. Si vous écoutez un podcast par semaine — passez à deux. Si vous lisez un livre par mois — fixez-vous l’objectif d’en lire deux. Si vous apprenez par petits bouts — réservez simplement un créneau fixe dans votre emploi du temps. Et en avril, ce serait idéal de lire mon nouveau livre « Agis, sœur ! ». Je l’ai conçu comme un guide pratique pour les femmes qui choisissent le leadership, le développement de carrière et l’autonomie financière dans un monde où l’on entend encore surtout des scénarios « masculins » de réussite. Je précise tout de suite : il n’y a pas dans ce livre de promesses d’un chemin facile ni d’appels à « devenir quelqu’un d’autre », mais il y a des stratégies concrètes — ce qui aide à combler le fossé entre ce que nous sommes et ce que nous voulons être.
Pour que l’apprentissage ne se transforme pas en simple décoration, essayez en avril le schéma suivant (ou choisissez-en un seul) :
- Podcasts : deux par semaine, mais courts, « en déplacement » — pas comme un projet séparé.
- Livres : deux par mois, sans héroïsme — 15–20 pages par jour.
- Cours/vidéos : un créneau fixe dans l’emploi du temps (par exemple mardi et jeudi) — comme un rendez-vous que vous ne déplacez pas « parce que vous êtes fatiguée », n’est-ce pas ?
Deuxième point à renforcer en mars : un « ancrage par jour ». Un ancrage est ce qui vous permet de revenir à vous-même et de cesser d’être juste une fonction. Pour certains, c’est une promenade, pour d’autres le sport, 10 minutes de silence, ou la musique dans les écouteurs avec une danse pendant le ménage. En avril, il est important non seulement d’« avoir un ancrage », mais de l’élargir : prévoir un choix — court, moyen ou long — et « s’ancrer le plus souvent possible ». Par exemple :
- Ancrage court (10 minutes) : sortir et marcher autour de la maison sans téléphone.
- Ancrage moyen (30 minutes) : entraînement léger avec vidéo.
- Ancrage long (1 heure) : piscine, sauna, ou peut-être musée (si vous en avez déjà assez du sport).
Troisième point : le suivi des résultats. C’est quelque chose que beaucoup sous-estiment jusqu’au moment des négociations : promotion, nouveau projet, client, changement de poste. Et soudain, vous réalisez que dans votre tête, vous êtes impressionnante, mais où sont les preuves concrètes de votre valeur ? Où étiez-vous à tel moment précis ? Comment soutenir vos propos auprès de la direction : « Je veux plus » ? Pour cela, j’aime utiliser un outil très simple : un dossier (ou document) « Mes résultats ». On peut y consigner, en mettant à jour chaque mois :
- Captures d’écran de remerciements, avis, emails réussis, chiffres.
- Courtes descriptions de cas : ce qui était → ce qui a été fait → quel résultat.
Mai : semer des “graines” pour récolter les fruits à l’automne

Mai est un mois particulier : il fait déjà chaud, on profite pleinement du soleil et de la vie, et c’est justement pour cela que l’on gaspille son énergie à droite et à gauche. Pour ma part, j’aime penser à mai comme à un moment de semis : tout ce que vous commencez maintenant donnera un résultat visible à l’automne. Pas un miracle, mais un effet accumulé.
La première graine — les contacts professionnels et l’activité au bureau (ou dans l’environnement professionnel si vous travaillez à distance). Les opportunités viennent rarement uniquement de votre cercle proche. Ce sont plutôt les personnes que vous croisez « par hasard » : collègues des autres départements, connaissances de vos connaissances, personnes rencontrées lors d’événements. Les recherches confirment même la valeur des « liens faibles » pour la mobilité professionnelle et la recherche d’opportunités. Faites de mai le mois de la « réputation humaine » :
- Une fois par semaine — une courte conversation avec une personne hors de votre cercle habituel (autre département/nouvel employé/responsable de projet).
- Une fois par semaine — café ou déjeuner avec quelqu’un que vous ne saluez habituellement que rapidement.
- Une fois par mois — un événement : meetup, conférence, rencontre communautaire (même interne à l’entreprise).
La deuxième graine — l’activité physique de saison. Sortez, bouger ! Au printemps, le sport en plein air est plus facile, car le corps demande naturellement de l’air. Et si vous voulez arriver à l’automne non pas épuisée, mais rassemblée et forte, mai est le moment idéal. Cela ne signifie pas forcément « salle de sport et discipline ». Cela peut être une marche rapide, du vélo, un jogging sans objectif, des exercices matinaux sur le balcon, un long week-end dans la nature. Et encore une fois, lumière et mouvement sont liés au maintien du taux de vitamine D et au bien-être général — surtout après l’hiver.
La troisième graine, ma préférée — les voyages et déplacements. J’ai souvent dit qu’une personne qui reste immobile commence vite à tourner en rond dans sa pensée. De nouvelles villes, de nouvelles rues, de nouvelles expériences secouent le cerveau : la nouveauté et le changement de contexte influencent la manière dont nous apprenons, mémorisons et réorientons notre attention. Voyager n’est pas toujours des vacances de deux semaines. Parfois, c’est deux jours dans une ville voisine. Parfois — un déplacement professionnel que vous auriez pu « ne pas faire », mais que vous avez choisi de faire. Et oui : un déplacement professionnel, c’est aussi un voyage, simplement avec une tâche professionnelle. Voici mes suggestions :
- Planifiez au moins un court voyage avant l’automne (même un week-end).
- Si vous avez la possibilité de partir en déplacement professionnel — proposez-vous plus souvent.
- Même dans votre ville, changez d’itinéraire une fois par semaine : autre quartier, autre endroit, autre environnement.
Le printemps est précieux car il nous rappelle que tout dans la vie est cyclique et demande un renouvellement. Et si je devais vous adresser un seul vœu printanier pour le 8 mars à toutes les femmes, ce serait le suivant : que cette année, vous cessiez de vivre en mode attente et autocritique et que vous commenciez à vivre comme si vous et vos rêves étiez la chose la plus précieuse au monde. Parce que c’est vrai !